|
37e congrès
de la Société Médicale Balint
Le secret et « l’intime » dans la relation de soins
Samedi 25 octobre 2008
Espace conférence hôpital des diaconesses de Reuilly
18 rue du sergent Bauchat 75012 Paris - Métro
ligne 8 Montgallet
e
l’intime au secret il n’y a qu’un pas et pourtant l’intimité se
trouve souvent dévoilée lors de l’examen médical ou de la
transmission d’information, sous couvert du secret justement…
Cette transparence n’a-t-elle pourtant pas été revendiquée par
ceux qui voulaient tant accéder à la vérité du diagnostic ?
On distinguera cependant l’intimité du corps de l’intimité
psychique. Or l’intimité psychique peut être bafouée, le viol de l’âme
se commettre dans l’irrespect ou dans la négligence.
Quelles sont les limites de l’intime et celles du secret ?
Sur quelles rives éthiques médecins et soignants peuvent-ils se tenir ?
La révélation du réel doit-elle l’emporter sur l’imaginaire ?
roupes
Balint dans le congrès, conjuguer parole, écoute, secret, « intime »,
comme toujours … peut-être.
Marie Frédérique Bacqué
leader Balint & Philippe Guillou Président de la Société Médicale
Balint
|
Comité d’organisation
S.
Bassot-Svetoslavsky, Ph. Guillou, P. Hauvespre,
J. Maclouf, G. Maquart, M. Nicolle & L. Velluet.
|
Comité scientifique
M.F.
Bacqué, S. Bassot-Svetoslavsky, Ph. Guillou,
P. Hauvespre, J. Maclouf, G. Maquart, M. Nicolle
L. Velluet.
|
n moment d’intimité : la consultation gynécologique
de l’adolescente.
Madeleine DAYAN-LINTZER, gynécologue, leader accrédité de la Société
Médicale Balint. Paris
Aux problèmes
gynécologiques des adolescentes, nous avons des solutions techniques
adaptées et efficaces.
Aux questions que les adolescentes apportent en consultation de gynécologie,
avons nous des réponses ?
L’adolescence est une période de mouvance, de métamorphose de
l’enfance vers l’âge adulte. Mutations du corps et mutations
psychiques se déploient ensemble, s’entre influencent et se complètent.
C’est dans cet inconfortable « entre deux » que la première
consultation va prendre place.
Evaluer la réalité somatique et ses enjeux, répandre les « sacro
saintes » Information et Prévention, et parfois gérer l’urgence,
constituent la rencontre du médecin et de l’adolescente.
Comment à la fois mener à bien notre rôle de somaticiens et ouvrir le
champ de l’écoute à la « problématique » de cette tranche
d’âge ?
Comment permettre
à la jeune fille d’exprimer ses difficultés, ses joies, ses
peines, ses questions, sans pour autant mettre à mal son intimité et
débusquer ses secrets ?
La bonne distance, dans l’absolue
confidentialité, reste notre objectif… Idéal impossible ?
uand
les tiroirs secrets s’ouvrent sur l’intime.
Martine FABRE, psychologue, psychanalyste, membre de la Société
Psychanalytique de Paris, leader accrédité de la Société Médicale
Balint
L’intime serait une porte ouverte,
Le secret serait une porte fermée, avec ou sans verrou.
L’intime serait à élaborer via l’espace transitionnel de la
consultation, puis via l’espace transitionnel du groupe balint. Connaître
l’intime du patient serait un facteur permettant un meilleur soin,
l’intime du médecin serait en résonnance avec celui du patient, mais
ne reviendrait au médecin qu’à travers les interactions du groupe.
L’intimité du médecin devenant un outil de soin, sans qu’elle soit
pour autant analysée. C’est au médecin que revient la charge de
prendre en compte son intimité sans obligation de la divulguer, mais sans
que celle-ci arbore la connotation de tabou.
Le secret serait un obstacle qui ferait obstruction à la pensée et à
l’anamnèse du patient, comme à celle du médecin.
Le groupe balint pourrait révéler la présence d’un secret, par le
blocage de la compréhension, le blocage des soins et le blocage du médecin.
Il serait alors possible de différencier le secret ouvert, le secret fermé,
hostile et anti libidinal, et le secret verrouillé, funeste et
obturateur.
Des illustrations cliniques pourraient permettre de mieux appréhender la
différence entre intime et secret, ainsi que la façon de ne pas rester
trop sidéré devant de telles manifestations de confusion et d’incompréhension.
Une dernière partie sur l’impact de l’intime et du secret dans un
groupe Balint, que ce soit du côté du patient, du côté du médecin et
du côté du groupe.
ecret, illusion, création.
Pierre LEVY-SOUSSAN, psychiatre, psychanalyste, membre de la Société
Psychanalytique de Paris
Pourquoi le secret est-il, de nos jours, porteur d’une aura
maléfique ? La chasse au secret deviendrait presque un principe, un droit
garantissant le bien-être personnel voire la démocratie. Pourquoi est-il
assimilé au silence lui-même synonyme de dysfonctionnement
relationnel ou de toute puissance médicale ? Comment la
transparence, le tout-dire, sont-ils devenus l’aune à laquelle se mesure
la qualité d’une parole, d’une information ?Quel serait le sens de
tout dire au public, aux patients, à ses proches, aux
enfants, au prix de quel sacrifice ? Plus de secrets, plus
d’illusions, plus de représentations créatrices de la réalité. Le réel
devrait-il l’emporter ?
ecret et structuration psychique.
Michel LEVY, psychiatre,
psychanalyste, leader accrédité de la Société Médicale Balint. Rodez
L’évidence est de mise quant à l’importance du secret médical dans
la pratique quotidienne du médecin. Mais, comme toute évidence, elle est
paradoxalement peu explorée. Pourtant, on la retrouve dans la règle
fondamentale du groupe Balint, et dans la pratique de la cure analytique.
Cette fonction de l’intime et du secret joue un rôle, dès la
naissance, dans la structuration psychique. C’est ce que nous allons
explorer plus en détail.
a tache aveugle de la transparence.
Roland GORI, psychanalyste, professeur
de psychopathologie à l’université d’Aix-Marseille
Le patient de demain se présente comme un « homme informationnel » auquel on aurait
livré une « carte cognitive » de la maladie et de ses
traitements possibles. Il pourrait ainsi décider de sa santé en toute
autonomie. Confondre ainsi information et révélation, c’est confondre l’homme cognitif et l’homme tragique. Le
consentement et la transparence répondent à une volonté de vérité qui
conduit à une forme de marchandisation du corps humain. Face à
l’utilitarisme des sociétés modernes, nous revendiquons
désespérément et mélancoliquement le droit à l’intimité autant
qu’au dialogue clinique.
n
médecin généraliste confronté à l'intime et au secret.
François BECRET, Professeur Associé Médecine Générale à la faculté
de médecine de Rouen
Le Secret est ce que l'on tient caché, ce que l'on dissimule au
regard des autres, voire à son propre regard. C'est aussi ce qui n'est
pas apparent. Dans le secret du « coeur » de chaque médecin généraliste,
sont enfouies des histoires secrètes de personnes, de familles, relevant
aussi bien du domaine du corps que de celui de l'âme. Le médecin détient
les secrets de ces personnes qu'il accompagne au long de sa vie
professionnelle. Il entre dans l'intimité, tant physique que psychique de
ses patients qui lui confient les secrets de leurs corps comme les secrets
de leurs vies.La spécificité du médecin généraliste est d'être
confronté à un patient qui le fait pénétrer consciemment ou non au
sein de son intimité corporelle ou/et psychique. Il est le médecin de la
globalité.
u
culte de la parole à l'intime occulté.
Françoise ASSUS-JUTNER, Avocat, chargée d’enseignement à
l’université de Nice- Sophia-Antipolis
Les concepts juridiques fondamentaux de la personne sont :
1-L’intégrité physique du corps humain et de la vie
humaine,
2-L’intégrité morale perçue dans la dignité, la conscience,
l’honneur…
3-La vie privée.
À partir de l’exposé des atteintes à ces composantes dans les démarches
médicales et sociales les plus anodines
ou même en situation plus exceptionnelle, nous tenterons de définir
ce qui relève de l’intime et ce qui permet d’en fixer les limites,
face à un soignant qui peut être multiple et peu identifiable
s’agissant d’une équipe, avec l’intervention possible du tiers
digne de confiance.
|